CHAPITRE VINGT-TROISIEME ~ VIXIT
(Il a Vécu)

"Oh! vous aurez trop dit au pauvre petit ange
Qu'il est d'autres anges là-haut,
Que rien ne souffre au ciel, que jamais rien n'y change,
Qu'il est doux d'y rentrer bientôt;

Que le ciel est un dôme aux merveilleux pilastres,
Une tente aux riches couleurs,
Un jardin bleu rempli de lis qui sont des astres,
Et d'étoiles qui sont des fleurs;

Que c'est un lieu joyeux plus qu'on ne saurait dire,
Où toujours, se laissant charmer,
On a les chérubins pour jouer et pour rire,
Et le bon Dieu pour nous aimer[...]

Victor Hugo, A la mère de l'enfant mort



nohc'han... Enohc'han...»

La lumière se dissipa lentement, se changea en brume de poussière dorée et scintillante. Les sens de Raziel lui revinrent l'un après l'autre : l'ouïe, la vue, et l'odorat... Un parfum de mer assaillit ses narines, mais cela lui fut agréable, car cette odeur lui rappelait des temps anciens, une époque où il était un autre.
Au milieu du maelström de ces sensations, qu'il percevait comme pour la première fois, comme s'il naissait, il vit des tours lointaines, de l'herbe verte, des silhouettes qui s'agitaient ; il reconnu Avernus, les humains blessés qui criaient et souffraient et... son propre corps, dans les bras de Médéric, en larmes.
Quand il se vit ainsi, les yeux clos, les traits détendus et immobiles, Raziel sut qu'il était mort, mais cet état lui apparu comme peu de chose, comme si cela était arrivé à un autre que lui ; d'ailleurs, son état présent l'intéressait bien davantage.
Il sentit une présence à ses côtés, qui lui murmurait à l'oreille «Enohc'han» doucement, avec une tendresse infini. Il se tourna sur le côté, et ses yeux croisèrent le regard d'or de Janos Audron, pourtant ce ne fut pas ce nom dont il se souvint... mais celui de Tavaha, son frère céleste qu'il avait tant aimé jadis...

R - «Tavaha... où sommes-nous ?...»

J - «Tu te trouves ici à la frontière de la vie et de la mort, que tu as déjà arpentée une fois... mais ma volonté garde ton âme ici, car il est temps de te parler enfin...»

Raziel fit face à l'être ailé et se prépara à boire ses paroles.


J - «Raziel, ton corps est celui d'un vampire, fils de Kain... mais ton âme, ton esprit et ta volonté ne sont pas nés du néant : ils appartiennent au créateur de ce monde, Enohc'han, le Gardien de Nosgoth...»

Cela ne surprit pas Raziel, il l'avait compris depuis longtemps...

J - « ... et ton destin est de lui rendre ce qui lui appartient.»

Là, Raziel se raidit de peur.

R - «Que veux-tu dire ? Pourquoi lui rendrais-je ce qu'il m'a donné ?...»

J - «Ce don n'est que temporaire, le Gardien s'est détaché de son âme jadis pour fuir un danger : au moment où Kain a damné les colonnes de Nosgoth, la prison dimensionnelle dans laquelle nous avions banni les Hyldens s'est fissurée et certains d'entre eux sont revenus sur Nosgoth... Tu dois comprendre ce que tu es, Raziel : tu n'es qu'un vaisseau, un réceptacle, qui doit garder l'âme de Enohc'han en sûreté, et la lui rendre le moment venu...»

R - «Et ce moment est venu ?... C'est pourquoi je suis là ?... Mon âme va m'être arrachée ?...»

J - «Point encore, ce moment n'arrivera que dans cinq siècles... Mais ta mort était prévue... Vois-tu, ton âme est en danger car ta mort actuelle a aggravé la fissure de la prison dimensionnelle et les Hyldens vont de nouveau déferler sur Nosgoth... Mais le destin du monde a été réécrit au moment où les Hyldens nous ont damnés de leur sang, mes frères et moi, en faisant de nous des vampires incapables de gérer le monde plus longtemps ; ton destin fut écrit à ce moment, et il y est écrit que l'opportunité pour toi d'atteindre Enohc'han se présentera dans cinq siècles à partir de maintenant ; ton âme devait être mise au secret dans un endroit inviolable le temps que le bon moment arrive... Alors, je t'ai fourni la Soul Reaver pour que tu accomplisses ton destin qui te condamnait à cette mort temporaire...»

R - «Pourquoi, la Reaver ?...»

J - «Ce n'est pas une épée comme les autres : le métal dont elle est faite vient d'un astre que les Célestes ont fait venir de l'espace ; c'est moi qui ai donné ce métal à Vorador, le meilleur forgeron cerollis, afin qu'il en fit une arme que Enohc'han avait imaginé ; lui et moi étions très proches (Janos se rapprocha de Raziel), en fait, nous nous aimions... (il soupira en évoquant ses souvenirs), et il me transmis le mode de fabrication de l'épée, que je transmis à Vorador à mon tour. Ce métal a la particularité d'attirer la matière dont sont faites les âmes et de la garder en lui ; mais au bout d'un temps, la Soul Reaver se lasse de ces âmes et les laisses s'envoler...»
«Grâce à elle, nous avons vaincu les Hyldens, nos ennemis, mais aujourd'hui une nouvelle tâche l'attend...»

R - «Je vais mourir ?... Pour de bon, cette fois ?...»

J - «Ton âme flotte en ce moment dans et en-dehors de la lame de l'épée ; dès que j'aurai relâché mon emprise, tu te fondras en elle et tu t'endormiras jusqu'à ce qu'un être élu te réveilles pour l'ultime sacrifice...»

R - «L'ultime sacrifice ?...»

Raziel trembla ; Janos eut un sourire triste...

J - «Tu devras plonger la Soul Reaver dans ton coeur et rendre son âme à Enohc'han ; là seulement prendre fin ta vie et celle du Gardien reviendra, pour redonner forme et justice à ce monde !»

Raziel soupira.

R - «Est-ce que je reverrai ce pays dont je rêve ? Cette ville blanche sur une île au milieu de l'océan ?...»

Janos fronça un instant les sourcils : Raziel se languissait-il donc tant de mourir ?...

J - «Tu reverras Tsione, la cité céleste, et même plus encore, car la renaissance du Gardien apportera de nouvelles merveilles que le monde n'a pas encore connu...»

R - «Vous savez donc tout ce qui va advenir ?...»

J - «Je connais toutes les fins possibles, mais pas celle qui prévaudra au final et les chemins qui y mèneront...»

R - «Je voudrais voir toutes ces choses... mais pour cela, je dois mourir...»

J - «Tu les verras à travers les yeux de Enohc'han... car tu ne mourras jamais tout entier...»

R - «Et Médéric ?... Que va-t-il advenir de lui, si je ne suis plus là pour veiller sur lui et sur sa descendance ?...»

J - «Ne t'inquiète pas pour lui, son destin est lui aussi exceptionnel et il aura son rôle à jouer dans ton avenir ; peut-être le reverras-tu plus tard...»

R - «Dans cinq siècles ! Mais comment...»

J - «Trêve de questions ! Le reste te sera dit plus tard ! Il est temps pour toi de quitter ce monde...»

Janos passa sa main devant le visage de Raziel et l'inconscience le prit totalement.

«Nous nous reverrons dans cinq siècles, Raziel, adieu pour aujourd'hui...»

Médéric ne put en croire ses yeux quand il vit la grande créature ailée à la peau bleue et aux yeux dorés se présenter à lui...

Il se trouvait dans sa maison, dans sa chambre, et à côté sa famille pleurait les disparus de guerre, alors que lui, seul, ruminait son chagrin : Aurore, Philander, Raziel... que de pertes douloureuses devrait-il encore supporter ? A côté de lui, sur le lit, reposait l'épée étrange qui avait ôté la vie du vampire, une lame torsadée à l'éclat surnaturel, qu'il ne pouvait se résoudre à laisser derrière lui.

La créature ailée s'était trouvée devant lui en un instant, le temps d'un battement de cils, il avait seulement entendu un bruissement de plumes ; et, sans attendre car le temps comptait, Janos Audron raconta tout à Médéric, les choses passées, présentes et futures : Enohc'han, Nosgoth, les Piliers, les Hyldens, la Soul Reaver, Kain, Raziel... Médéric oublia même de respirer ou de ciller tellement ce qu'il entendait lui paraissait extraordinaire. Surtout quand l'ange noir lui parla de son rôle, à lui. Il prit la Soul Reaver sur le lit et la tendit à Médéric pour qu'il la touche à un endroit bien précis, à l'endroit où la poignée et la lame se rejoignaient ; là, Médéric sentit une pulsation, comme un petit coeur qui battait lentement et profondément, comme en sommeil... et il pleura, car ce battement, il le connaissait bien : c'était celui de Raziel quand il dormait et que Médéric entendait quand il dormait à ses côtés, la tête sur sa poitrine...
Médéric comprit et il prit l'épée qui contenait l'essence de Raziel, jurant à Janos de la garder en sécurité contre tout danger, de la transmettre à ses descendants, pour que, le jour venu, elle soit rendue à Raziel, pour lui permettre d'accomplir son destin ; il se sentit un peu coupable de contribuer ainsi à ce surplus de souffrance pour son ami qui ressusciterai un jour, mais à présent il connaissant le danger et il ne doutait pas que Raziel ferait ce sacrifice.
Il l'enveloppa d'un linge vierge et la cacha sous les lattes du plancher de sa chambre, en prenant bien soin de les reclouer afin que personne ne puisse soupçonner sa présence. Satisfait, Janos disparut tout simplement de la vue de Médéric, ce qui amena le jeune humain à penser qu'il avait peut-être rêvé après tout...

Le corps de Raziel ne fut pas embaumé, selon les souhaits de Médéric, car il savait que le corps de Raziel ne pourrirait pas et qu'il devait rester inchangé jusqu'à son réveil ; son douloureux savoir des siècles à venir et des monstres qui bientôt déferleraient sur Nosgoth lui pesait énormément, mais il était aussi fier de l'importante place qu'il occupait au centre de tout cela, et il était aussi son devoir de veiller sur le corps de Raziel autant que sur son âme.
Le corps fut placé dans la crypte de la cathédrale, à l'endroit même où, jadis, la Soul Reaver avait reposé ; on y alluma des centaines de bougies tout autour, et la lumière raviva les traits de Raziel, exprimant sa beauté surnaturelle... beauté dont Médéric connaissait maintenant l'origine, et il s'inclina devant le corps, imité par tous les autres qui se trouvaient autour.
Une lourde pierre fut placée devant l'entrée par cinq hommes, et plus personne ne devait jamais y pénétrer, mais Médéric savait que dans les siècles à venir, les humains posséderaient la technologie capable de déplacer le roc.

Sortant à l'air libre, Médéric ferma les yeux, tendit son visage vers le ciel et respira l'air du matin naissant, et pourtant lourd d'une menace qui couvait ; il rouvrit les yeux et vit ses enfants courir vers lui en lui tendant les bras ; il se baissa et les accueillit tendrement, enfouissant son visage dans leurs boucles blondes. Eux aussi auraient leur rôle à jouer dans le futur, et il devait veiller aussi longtemps que possible à ce que sa descendance perdure, et aussi à ce que la Soul Reaver soit transmise ; une bien lourde tâche, mais il se devait de le faire... Rien ne pourrait l'en empêcher, Raziel devait ressusciter à tout prix...

Le vent souffla fort, annonciateur de malheurs à venir encore pires que ceux qu'il avait connu jusqu'à présent, mais Médéric s'y était déjà préparé et il devrait faire au mieux pour survivre dans ce monde qui allait venir ; il serra ses enfants contre lui, en priant il ne savait quelle divinité de l'épargner...

Deux jours plus tard, alors que les croyants se rassemblaient devant la cathédrale pour la messe du jour, un cri retentit soudain : un enfant de coeur en robe blanche courait sur la place, vers le maison des de Malte en criant «La crypte ! La crypte a été forcée !».
Médéric sortit en tout hâte de chez lui et suivit le garçon jusqu'à l'édifice religieux, et, avant même d'entrer, il sut ce qui s'était passé : le corps de Raziel avait été dérobé. Cela, l'ange noir ne le lui avait pas dit. La lourde pierre avait été poussée de côté, et la stèle sur laquelle le corps de Raziel s'était trouvé était nue.
Il caressa la pierre d'une main distraite, et s'interrogea sur l'identité du voleur : cinq hommes ne seraient pas passés inaperçus s'ils s'étaient glissés dans la cathédrale, et un seul homme n'aurait pas pu bouger la pierre... Un seule réponse s'imposait à lui : un vampire était venu prendre le corps de Raziel... Mais pourquoi ?... Par amour, s'il s'agissait du vampire auquel il pensait...
Médéric ignorait ce que le vampire voulait faire de Raziel, mais après tout, il n'avait pas plus de droit que lui sur le corps, aussi il ne demanda pas qu'on fasse de recherches ; d'ailleurs le vampire n'était sûrement déjà plus à Avernus...

Loin d'Avernus...
Melchiah, portant le corps de Raziel sur son dos du mieux qu'il pouvait, le poids des ailes étant difficile à supporter, se dirigeait vers le nord, vers les terres glacées ; le ciel se faisait de plus en plus sombre, chargée de vapeurs glacées, le soleil disparu petit à petit... Il ne voulait pas s'arrêter car il se savait suivi d'assez près...
Les montagnes de neige apparurent devant lui : c'était la première fois qu'il les voyait et leur majesté s'imposa à lui de façon brutale et terrifiante. Il savait où il devait se rendre, même s'il n'y était jamais allé, mais le gigantisme de ces édifices naturels le fit douter de sa réussite. Réajustant sa prise sur son frère, il avisa une entrée caverneuse à la base d'une montagne plus petite, proche de lui, et s'y engagea.

Melchiah gravit des sentiers millénaires qu'aucun humain n'avait foulé depuis des années ; il traversa des ruines d'avant-postes séraphéens à l'abandon depuis leur chute ; les rues désertes de la ville d'Uschtenheim, autrefois florissante ; il s'arrêta quelques heures dans la petite église de la ville, mais ce fut la seule pause qu'il s'octroya : des présences maléfiques l'entouraient, et il ne pouvait pas se permettre de se faire rattraper, pas avant d'avoir mis Raziel en sûreté... car il se moquait bien de ce qui pourrait lui arriver, à lui...

S'enfonçant plus profondément dans les entrailles de la montagne, il arriva devant un édifice à l'architecture incroyable, unique, d'une hauteur spectaculaire, construit de telle façon que seul un oiseau aurait pu accéder à la haute plateforme qu'il apercevait ; mais Melchiah savait qu'un autre passage existait, un souterrain bien caché, que les Séraphéens avaient mis un temps infini à trouver : une petite ouverture que seuls des yeux de vampire pouvaient discerner parfaitement...
Recouverte d'une fine pellicule de glace, l'entrée du passage se découvrit quand Melchiah le toucha du doigt, et il s'y engagea : c'était le repaire d'une créature ancienne, qui avait fui les persécutions séraphéennes, se cachant du mieux possible de ses ennemis, obligée de faire croire qu'elle était un démon horrible pour repousser les curieux... Un être qui avait vécu coupé du monde par force, et qui aurait pu mourir de chagrin s'il n'avait été aussi fort par nature...

Dans ce hall impressionnant, au sol de glace recouvert de tapis pourpres, tout était construit en hauteur : de hautes tours parsemées de niches reliées par des ponts délicats des escaliers massifs et ornés de lanternes qui brûlaient encore de teintes violettes, tout était fait pour des êtres capables de voler. Et tout en haut, Melchiah le savait, il y avait le saint des saints, le repaire solitaire du père des vampire...
Après une ascension difficile, Melchiah arriva devant la porte monumentale, scellée à tous sauf aux Célestes : Melchiah prit la main de son frère et l'appliqua dans une étrange marque dans la porte ; la porte s'ouvrit alors avec un grand bruit.
Melchiah pénétra dans la pièce, une chambre relativement petite, avec un balcon donnant sur l'extérieur ; et au centre de la pièce, trônant comme une sainte relique, un cercueil... non, un sarcophage de pierre taillée, reposait, entourée de torches sur un tapis épais.
Jadis, dans cette pièce, le père des vampires c'était fait piéger par les Séraphéens qui lui avaient arraché le coeur...

Le couvercle du cercueil représentait une image stylisée d'une être ailé portant une épée à la lame torsadée, et ses côtés étaient gravés de signes étranges qui semblèrent familiers à Melchiah mais qu'il ne parvint pas à comprendre.
D'une main, Melchiah souleva le couvercle, et, délicatement, avec d'infinies précautions, y déposa le corps de Raziel ; il plaça ses mains jointes sur sa poitrine, comme ene prière, et, après un dernier regard et une dernière caresse sur la joue froide de son frère, Melchiah referma le couvercle : il savait qu'à partir de ce moment, plus personne ne pourrait, par des moyens naturels, ouvrir le sarcophage et que Raziel serait absolument en sûreté, car la pierre du sarcophage était indestructible.

M - «Adieu, mon frère, nous ne nous reverrons pas, car ma mort approche... Mais je suis fier de te l'offrir ; fasse que par mon sacrifice, tu puisses accomplir ton destin et redevenir la divinité immortelle et magnifique que j'ai toujours su que tu étais...»

Melchiah entendit un bruit derrière lui ; il se retourna lentement, non sans une certaine crainte, tout en saisissant son épée. Dans les ombres de la pièce, d'autres ombres plus noires encore se pressaient les unes contre les autres, brandissant des objets pointus, tranchants, coupants... Elles produisaient des sons abominables, des grognements, des gargouillements, des sons qui n'avaient rien à voir avec la nature : les ennemis ancestraux des vampires étaient revenus...
Melchiah déglutit péniblement, mais, posant une main protectrice sur le cercueil de pierre, il s'apprêta avec courage à livrer son dernier combat...

 

Cinq siècles plus tard...

Le bruit d'une énorme machine retentit dans la pièce silencieuse depuis des siècles, et, tout d'un coup, la massive porte de pierre se morcela, livrant passage au nez pointu et métallique d'une foreuse ultra-moderne. Des hommes se pressèrent à ses côtés et investirent la pièce comme une armée en marche, mais il n'était pas des soldats : les objets qu'ils tenaient n'étaient pas des armes, mais des pelles, des pioches, des instruments de mesure, et autre matériel archéologique; à leur tête, un homme aux cheveux blonds lumineux montra du doigt le centre de la pièce : un amas de squelettes difformes et, au milieu, un sarcophage de pierre, à l'aspect extrêmement ancien, mais qui sembla familier à l'homme...
Avançant avec précaution parmi les os éparpillés, les hommes s'approchèrent du sarcophage ; en regardant de plus près, il virent qu'un des cadavres s'était écroulé sur le couvercle, les bras entourant celui-ci, comme si, juste avant de mourir, il avait voulu faire écran de son corps entre le contenu du tombeau et le monde extérieur ; ce cadavre était légèrement différent des autres, moins difforme, avec des canines très développées... Lorsque les hommes touchèrent le squelette qui embrassait ainsi le cercueil séculaire, il tomba en poussière...

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