NEON GENESIS EVANGELION

NEON GENESIS EVANGELION de Hideaki Anno

Evangelion (Shinseiki Evangelion , souvent connu sous son titre international Neon Genesis Evangelion) est un anime japonais (également adapté en manga).
L'anime est réalisé par Hideaki Anno du Studio Gainax, il est composé d'une série TV de 26 épisodes, et de 2 films.
La série, diffusée au Japon entre 1995 et 1996, a tout de suite connu un grand succès et a déchaîné les passions, réputée pour la haute qualité de son animation et son scénario alambiqué.
Commençant comme une série de mecha classique, Evangelion surprend en s'aventurant dans l'introspection et la philosophie, thèmes jusque là assez rares dans l'animation.
La série aura été autant plébiscitée pour ses grandes scènes d'actions (parfois très sanglantes) que pour ses réflexions.
Dans le magazine japonais Newtype du mois d'octobre 2006, Rebuild of Evangelion (Evangelion Shin Gekijoban) est annoncé : il s'agit d'une série de quatre films présentant une version améliorée de la série TV, avec beaucoup de contenus inédits.
Le premier film est prévu pour le 1 er septembre 2007 dans les salles de cinéma japonaises.

L'ARRIVEE D'EVANGELION EN FRANCE

En 1996, la série bat son plein au Japon, l'éditeur vidéo Dynamic Visions (agent franco-belge de la société japonaise Dynamic Planning) s'y intéresse de près et achète les droits de la série en 1997.

En 1997, Dynamic Visions commence l'édition de la série en 9 VHS, en version originale sous-titrée français (VOSTF), qui sera un succès chez les connaisseurs.
Parallèlement, la série est diffusée à la télévision pour la première fois, sur la chaîne câblée C: (devenue par la suite Game One), toujours en vostfr.

À partir de février 1998, l'éditeur de bandes dessinées Glénat , publie le manga Evangelion traduit en français.

À la fin 1998, la chaîne cryptée Canal+ souhaite diffuser la série, et à cette occasion, Dynamic Visions fait réaliser un doublage français par le studio Chinkel.
La conformation des masters se faisant au laboratoire Vectracom avec l'incrustation des titrages Français par dessus les inscriptions japonaises originales et le remplacement des nombreux cartons (notamment la pléthore de l'épisode 14).
La série, pour la première fois en VF, a donc été diffusée sur Canal+ entre 1998 et 1999. Cette diffusion permit de populariser encore plus la série auprès du grand public.

En 2000 Dynamic Visions édite la dernière version VHS de la série sous la forme d'un coffret de 7 videos cassettes en version française.

Entre 1999 et 2003, la série (toujours en VF) a été rediffusée sur les chaînes câblées Mangas et AB1.

De 2002 à 2003, Dynamic Visions édite la série en 6 DVD, en vostfr et VF. Cette sortie connut quelques problèmes techniques sur le volume 2, sans parler de la qualité d'image, déjà mauvaise en VHS et donc nettement inférieure par rapport aux autres séries sorties en DVD.
La licence de la série vint à échoir la même année, et cette édition DVD n'a donc été produite qu'en très petite quantité, vite épuisée.

En avril 2002, l'éditeur vidéo Manga Vidéo (label anglo-américain distribué en France par Pathé Vidéo) acquiert les droits des 2 films d'Evangelion, et les édite en DVD, en VF et VOSTF. Cette édition a été très critiquée, notamment car pour la VF, Manga Vidéo n'a pas employé les comédiens qui avaient précédemment travaillé sur le doublage français de la série TV, et pour la VOSTF la traduction et le sous-titrage sont de bien mauvaise qualité.

En 2003, suite à plusieurs litiges, la firme Dynamic Planning se sépare de Dynamic Visions, et la première oblige l'éditeur franco-belge à ne plus utiliser le nom "Dynamic".
L'éditeur change donc son nom en Dybex.

En 2005, Dybex rachète les droits de la série Evangelion, et en février 2006, ils rééditent les précédents DVD de 2003 avec la même image de mauvaise qualité.

Dybex prévoit, pour courant 2007, une nouvelle édition d'Evangelion en DVD, elle utilisera de nouvelles bandes, remasterisées par la Gainax en 2003 pour la sortie des DVD au Japon.

En 2007, la série est à nouveau diffusée sur Mangas et AB1.

Janvier 2008 : sortie de la version "Director's Cut" d'Evangelion chez Dybex (édition remasterisée annoncée en 2005), uniquement en édition limitée.

SYNOPSIS

En 2000, une gigantesque explosion se produit en Antarctique, provoquant un cataclysme (raz-de-marées, fonte des calottes polaires) qui dévaste une grande partie de la planète.
Les autorités déclarent que cette catastrophe est due à la chute d'un astéroïde.

Quinze ans plus tard, l'humanité a surmonté cet événement, appelé le Second Impact. Mais de mystérieuses créatures nommées Anges font leur apparition, et tentent de détruire Tokyo-3, la nouvelle capitale-forteresse du Japon, construite après le Second Impact.

Pour les combattre, l'organisation secrète NERV a mis au point une arme ultime, l'«Evangelion» ou «Eva», robot géant anthropoïde piloté.

Shinji Hikari, quatorze ans, se rend à Tokyo-3 sur invitation de son père, qu'il n'a pas revu depuis ses 3 ans.
Il est loin de se douter qu'il sera impliqué dans un conflit qui pourrait bien signifier la fin de l'humanité quoi qu'il arrive.

LA RELIGION

Les spectateurs peuvent trouver dans l'univers d'Evangelion beaucoup d'éléments empruntés, entre autres, aux mythes de la religion judéo-chrétienne, et au gnosticisme.
Ainsi, la série met en scène des créatures nommés Anges, un Adam, une Lilith, des explosions qui forment des croix.
Le générique d'ouverture montre également un arbre de la Vie (issu de la kabbale). Beaucoup de personnes sont amenées à penser que la surreprésentation religieuse dans Evangelion a une signification, et de nombreux textes publiés par les fans sur internet placent l'aspect religieux au centre de leurs analyses, comme si Evangelion était l'adaptation animée d'un texte sacré.

Pourtant, une analyse de ces personnages portant des noms d'êtres mythiques, révèle qu'ils n'ont rien de commun avec leurs équivalents des textes et mythes religieux.
Les Anges, par exemple, définis dans la Bible comme des envoyés de Dieu, ne sont rien de tels dans la série : ils apparaissent comme une race, très proche de l'Homme mais dont la structure génétique diffère de 0,11%, luttant pour la possession de la planète.
La série nous informe d'ailleurs que les Anges sont nés d'Adam, or jamais dans les textes sacrés Adam n'a engendré d'anges.
L'Adam d'Evangelion n'est d'ailleurs pas le géniteur de l'humanité, ni un envoyé de Dieu (mais une créature venue vraisemblablement d'ailleurs).
Quant à Dieu, son existence n'a jamais été même sous-entendue dans le monde d'Evangelion. Evangelion présente donc un melting-pot de références religieuses et ésotériques, mais sans aucune cohérence entre les différentes notions, et sans point commun (mis à part les noms) avec les textes sacrés.

Le «mystère» de la religion dans Evangelion est expliqué par ses créateurs, qui se sont exprimés dans une interview en 2001 : Evangelion n'a en fait aucune signification religieuse.
Il existe une multitude de séries de Mecha au Japon, et l'équipe de la Gainax voulait donner une saveur toute particulière, et inédite, à sa série.
Les Japonais sont en majorité bouddhistes et shintoistes, et ne connaissent que très peu les mythes judéo-chrétiens.
Les créateurs d'Evangelion tenaient donc là une excellente source d'imagerie ésotérique et exotique qui attiserait la curiosité et l'intérêt du public japonais.
Selon Kazuya Tsurumaki, assistant réalisateur, «les symboles visuels du christianisme avaient l'air cool» et c'est l'unique raison pour laquelle ils ont été choisis.
Les divers noms et symboles religieux n'apparaissent en fait que pour donner un contexte à la série suffisamment novateur pour se différencier des classiques du genre et rien d'autre.
Hideaki Anno n'est pas non plus chrétien et sa série Evangelion n'est pas un manifeste en faveur du christianisme.
Tsurumaki confie d'ailleurs que s'ils avaient su que la série aurait un tel succès en occident, ils n'auraient pas mis l'accent sur les symboles religieux.

L'erreur serait donc de tout voir en Evangelion comme si c'était une réplique de la Bible ou d'autres textes et mythes religieux, alors que cet aspect n'est qu'un prétexte, et que les véritables significations d'Evangelion n'ont rien à voir avec le religieux et se situent à un niveau psychologique et même philosophique.
Ainsi, par exemple, le troisième épisode de la série reprend-il l'apologue des hérissons développée par le philosophe allemand Schopenhauer dans son ouvrage Parerga & Paralipomena .
Il est d'ailleurs à noter que ce dernier a toujours présenté à l'égard des dogmes religieux occidentaux une hostilité non dissimulée qui jure avec les références précédemment citées, mais souligne bien la variété des sources dans lesquelles ont pû puiser les scénaristes.

EVANGELION : LA CONTROVERSE

Evangelion est une série qui aura marqué son temps et qui reste très connue même 10 ans après sa réalisation, non seulement pour ses diverses qualités, mais aussi pour les réactions assez violentes qu'elle a engendrées.

Ainsi la colère d'une majeure partie des fans japonais s'est éveillée, lorsque, les 20 et 27 mars 1996, les deux derniers épisodes de la série furent diffusés pour la première fois. Les termes critiques que l'on rencontre souvent à l'égard de ces épisodes sont : «incompréhensible», «bâclé», «hors sujet», «n'apporte aucune réponse».
Les fans les plus passionnés (à l'extrême) par la série parlent même de «trahison». Que s'est-il donc produit pour que ces épisodes soulèvent un tel tollé ?

Cette fin est effectivement déroutante au premier abord, puisque les 2 épisodes sont constitués principalement de plans fixes, voire de crayonnés pour l'épisode 26, et de monologues interminables et alambiqués entre les personnages principaux et leur conscience.
Ce qui les met en marge de la série en elle-même, puisque le public attendait des réponses aux questions soulevées depuis le début, comme par exemple "d'ou viennent les Anges et quel était leur but", "que veut vraiment la Seele" ?
Or, au final rien de tout ça, que d'obscurs monologues. Ce qui a donc engendré les nombreuses protestations et autres emails d'insultes adressés à la Gainax et à Hideaki Anno, le "chef" d'Evangelion.

Pourquoi Hideaki Anno en est arrivé à un résultat si éloigné des attentes du public ? Plusieurs raisons : tout d'abord, à partir de la seconde moitié de la série, la production a pris beaucoup de retard, les équipes étaient épuisées et cela se ressentait dans la qualité des épisodes à certains moments (le nombre de celluloïds réalisés chutait en flèche).
Le script original de l'épisode 25 que Anno et son équipe écrivirent, en a subi les conséquences et a dû être abandonné : trop complexe et trop coûteux pour une production débordée par le temps et par un budget restreint (le script prévoyait une bataille gigantesque et sanglante entre Asuka et une armée d'Eva Series).
Il est aussi à noter que la série soulevait certaines questions éthiques, car plusieurs épisodes montraient des scènes très violentes et sanglantes.
Il n'est donc pas improbable que l'abandon du script d'origine de l'épisode 25 fut facilité par une frilosité des divers producteurs face à la violence qu'il impliquait.

Hideaki devait donc trouver un nouveau scénario pour la fin, et c'est ainsi qu'il en a profité pour livrer une réflexion qui lui était chère, une réflexion sur le monde de l'animation et le monde des fans, voire des otaku (ancien otaku lui-même, Anno était bien placé pour parler du phénomène. D'autant bien placé que c'est lui qui est considéré comme le chef de file du mouvement et ce grâce à ses deux OAV Otaku no video et More Otaku no Video qui furent à leur sortie un plaidoyer pour l'acceptation des otaku. En effet elle montraient comment un garçon "normal" finissait Otaku.).
Une réflexion que peu de fans ont su repérer. Le tableau est simple : Anno, via son personnage principal, Shinji Ikari, a montré durant toute la série l'image de l'adolescent peu sûr de lui face au passage à l'âge adulte, l'adolescent trop prompt à fuir la dure réalité en se réfugiant dans le monde fictif de l'animation japonaise.
Et maintenant, il va aider Shinji a surmonter ses difficultés, il va, comme il est dit vulgairement, lui «botter le derrière» pour que Shinji réalise la vraie valeur de la vie, et se faisant, Anno espère communiquer le même sentiment à ces jeunes perdus, ces otakus, qui s'abreuvent de série animée (dont Evangelion).
Quoi de mieux pour parler à ces jeunes que le support auquel ils consacrent leur vie ?

Tout au long des deux derniers épisodes, on assiste donc au voyage qu'accomplit Shinji vers la réalité, Shinji qui a chaque seconde, comprend un peu plus à quel point il était dans l'erreur en fuyant les relations avec les autres.
Chaque phrase s'en trouve directement adressée aux otakus. Un second pied de nez de la part d'Anno, sera de livrer cette réflexion sous une forme très épurée, très loin des standards de l'animation, standards vénérés par ces "hordes" de fans.
Anno montre ainsi qu'on peut ne pas avoir une réalisation à la pointe de la technique, et pour autant faire un vrai dessin animé.
Anno avait même brièvement considéré l'idée de simplement enregistrer sa propre voix.

Tout ceci a donc mit hors d'eux les fans, d'une part car ils n'ont tout simplement pas «vu» le message et se sont sentis trahis de ne pas avoir les réponses attendues, d'autre part car ceux qui ont compris n'ont pas accepté la leçon donnée par Anno.
La réaction très médiatisée et violente de ces fans montre a quel point Anno avait touché la corde sensible, qu'il y avait un sérieux problème du côté de ces fans qui se laissent trop absorber par des fictions.
En fin de compte, toutes ces protestations n'ont fait apparemment que prouver qu'il avait raison. Mais il est aussi utile de se demander quelle était la réelle pertinence de ce message, après 24 épisodes d'une série devenue classique dans le domaine du shonen (plus particulièrement du genre Mecha) mais aussi du Fan service avec toute une galerie de jeunes filles sexy (la Gainax ainsi que Bandai n'ont d'ailleurs pas hésité a exploiter ce domaine, en produisant énormément de figurines et de goodies montrant les personnages féminins de la série plus ou moins dénudés, et ce même en 2005)...
Des thèmes très «otakuisants» en somme, sans parler du fait que les membres de l'équipe de réalisation auront consacré au moins 2 ans de leur vie à cette série, et que Hideaki Anno n'en était pas à son coup d'essai dans la réalisation de série animées (et en 2003, il a réalisé le film live de Cutey Honey, dont le réel intérêt, mis à part assouvir une passion de fan, semble inexistant).
Anno aurait-il été hypocrite ?

Toujours est-il qu'après la réalisation des deux derniers épisodes de la série dans les studios de la Gainax, il fut rapidement décidé par Hideaki Anno (bien qu'il fut pleinement satisfait de ces deux derniers épisodes) de refaire l'épisode 25 en utilisant le script initialement prévu, et d'écrire une nouvelle fin pour l'épisode 26.
Il était au départ prévu de sortir ces épisodes refaits avec la version vidéo de la série TV, mais le projet, prenant trop d'envergure, est devenu un film.
Puis le film, par manque de temps, a été divisé en 2 films sortis à 4 mois d'intervalle. Il est à noter que contrairement aux idées répandues, les épisodes 25 et 26 n'ont pas été refaits à cause de la réactions des fans, puisque la décision de les refaire a été prise en interne à la Gainax, avant même que les épisodes ne soient diffusés pour la première fois à la télévision.

Mais ces films ne répondirent pas totalement aux attentes, car même si cette fois, Hideaki Anno aura abordé l'aspect "première lecture" du scénario et aura mis en scène une intrigue finale entre la Seele et la Nerv (avec moult combats et révélations), ces films n'en restent pas moins obscurs et la plupart des réponses attendues ne sont pas montrées d'une manière aussi évidente que le public ne l'aurait voulu.
Anno s'est aussi servi du contexte de la série, pour montrer sous une autre forme (orientée "première lecture") le même message qu'il avait adressé aux otakus lors des derniers épisodes de la série (assez ironiquement, Anno a même montré d'une manière presque subliminale, lors d'une scène, des extraits de lettres d'insultes envoyées par les fans).
Même s'il était tout à fait d'accord pour développer certains points de son scénario, Anno n'en a pas abandonné pour autant ses idées sur les dérives de l'«otakisme».

Au final, ces films, auront, eux aussi, divisé l'opinion (mais de manière sans doute moins violente que pour la série), entre les nouvelles questions soulevées mais qui ne trouveront pas de réponse, et des éléments qui viennent éclaircir des points obscurs de la série.

Source : Wikipédia


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