ICO

PlayStation 2
Japon :
6 décembre 2001
États-Unis :
30 septembre 2001
Europe :
22 mars 2002
Europe :
17 février 2006 (réédit.)

Note de jeuxvideo.com :
17/20
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SHADOW OF THE COLOSSUS

PlayStation 2
Japon :
27 octobre 2005
USA :
18 octobre 2005
Europe :
17 février 2006

Note de jeuxvideo.com :
19/20

ICO

Lorsqu'un développeur laisse parler son génie créatif et sa sensibilité, le fruit de son labeur devient une oeuvre d'art qui ne peut que fasciner et bouleverser les joueurs que nous sommes.
Ce jeu, c'est le périple d'Ico et Yorda, deux êtres unis par leur volonté d'échapper au destin terrible qui leur est assigné, et résolus pour cela à marcher main dans la main pour pallier leurs faiblesses et leur fragilité.

HISTOIRE

Largement méconnu du grand public, Ico constitue pourtant l'une des meilleures surprises de ce début d'année sur Playstation 2, à la fois pour son esthétique poétique et envoûtante et pour l'intelligence de son gameplay.
Voilà donc une sortie à ne pas louper si vous êtes de ces collectionneurs endurcis qui ne comptent que des perles dans leur ludothèque.
Une expérience de jeu magique qui ne laissera personne indifférent.

Ico est un jeune garçon rejeté de sa tribu parce qu'il est différent. Il ne sait pas exactement pourquoi il est emmené de force dans cette gigantesque forteresse, mais il se doute que c'est à cause de ses cornes.
Ceux qui l'ont enfermé dans ce sombre sarcophage disent que c'est pour le bien de leur village, mais Ico n'a pas l'intention de se soumettre au sacrifice et de se laisser mourir sans rien tenter.
Désemparé et perdu, il parvient miraculeusement à s'échapper de sa prison de pierre, et s'élance alors éperdument dans les méandres de ce labyrinthe pour tenter de localiser une sortie.
C'est alors qu'il découvre Yorda, une jeune fille prisonnière dans une cage suspendue, silencieuse et soumise.

GAMEPLAY

Commence alors un périple sans espoir pour nos deux héros, qui devront unir leurs forces et progresser main dans la main (au sens propre comme au figuré) pour tenter de trouver la porte de la liberté.
L'aventure se présente comme une vaste succession d'énigmes qui obligeront parfois Ico à abandonner momentanément Yorda afin de modifier l'environnement et activer des mécanismes qui permettront ensuite à la jeune fille de le suivre.
Le tout dans une atmosphère oppressante, car plane toujours la menace des ombres, ces spectres qui saisiront le moindre instant d'inattention de votre part pour enlever la jeune fille et l'entraîner dans leur sombre dimension.

On le voit, l'aventure est passionnante, les énigmes nombreuses et les combats ajoutent une tension appréciable au déroulement de la progression, mais il convient tout de même d'émettre quelques réserves.
Tout n'est pas parfait derrière ce tableau en apparence idyllique, et l'on constate quelques défauts parfois gênants à plusieurs niveaux du jeu.
La réalisation, notamment, est assez inégale. Les graphismes sont parfois réellement enchanteurs, affichant des environnements gigantesques et majestueux qui profitent d'effets de lumières saisissants ; mais ils se révèlent également décevants à certains moments, parce qu'ils sont pour la plupart trop sombres et parce que les environnements tout comme les textures manquent de variété.
De la même manière, les angles de vue s'avèrent parfois très judicieux lorsqu'il s'agit d'apprécier la globalité d'un lieu, mais parfois exaspérants si l'on veut examiner un élément précis car la caméra n'est jamais fixe.

En ce qui concerne les combats, Ico n'a pour se défendre qu'un vulgaire bâton qui pourra évoluer en armes un peu plus efficaces au cours du jeu, et c'est avec la fougue qui le caractérise que notre jeune ami effectuera des moulinets peu précis pour effrayer ses adversaires.
La répétitivité des combats pourra constituer un autre motif de déception, mais les animations des personnages compensent largement cet aspect du jeu.
Le comportement des ombres lorsqu'elles font une feinte pour passer dans le dos de Yorda et s'en saisir alors que vous êtes occupé à repousser les assauts des autres esprits maléfiques révèle un soucis du détail fascinant.
Il en va de même pour les animations des deux héros qui reflètent parfaitement leur caractère. On sent bien la résistance de la jeune fille lorsque Ico lui prend la main pour l'amener brusquement dans une direction, et il faut voir le jeune garçon tendre la main dans la flaque noire qui symbolise le portail entre les mondes pour tenter d'extraire Yorda du gouffre aimanté dans lequel elle est en train de sombrer.
Les capacités de Yorda sont limitées, mais elle ira jusqu'au bout de ses limites pour vous accompagner vers l'issue du cauchemar.
L'atmosphère saisit dès les premières minutes. Ico et Yorda ne parlent pas la même langue, mais ils trouveront d'autres moyens de communiquer.

Enfin, on pourra surtout regretter la faible durée de vie du jeu, et le manque de renouvellement de l'intrigue.
Impossible, toutefois, de ne pas être séduit par ce titre dont il n'appartient qu'à nous de louer les qualités, de manière à sortir ce soft du manque de considération dont il est victime, alors qu'il mérite amplement sa place aux côtés des meilleures productions Playstation 2, et ainsi encourager la sortie d'un éventuel Ico 2.
Pour ceux qui craindraient tout de même de ne pas accrocher à ce titre un peu hors norme, qu'ils se rassurent.
Il est évident que l'on peut aimer des titres comme Devil May Cry et en même temps savoir apprécier un jeu comme Ico, à condition de laisser parler sa sensibilité.
Et ça, n'importe quel joueur doit pouvoir le faire.

Romendil, le 18 mars 2002

Source : jeuxvideo.com

Intro de ICO

OST de ICO

SHADOW OF THE COLOSSUS

Nombre d'entre vous doivent se souvenir de la quête poético-macabre d'Ico, où les notions même d'interactivité disparaissaient au profit du simple ressenti.
Sentir la peur de Yorda, sonder son coeur par des battements irréguliers et maladroits, écouter sa plainte dans un souci de protection frissonnant.
Toutes ces sensations devaient conduire à l'une des expériences les plus troublantes abordées dans le jeu vidéo.
Sorte de lumière subite dans un paysage relativement stéréotypé, l'oeuvre de Ueda semblait se terminer sur une énigme, un non-dit touchant n'ouvrant que sur une sorte de jolie tristesse.
Shadow Of The Colossus en est en quelque sorte la matérialisation.
L'ensemble de ces sentiments enfouis ressurgit ici avec une puissance désarmante, donnant à ce titre une aura qui se raconte.

HISTOIRE

Imaginez ce que peut être une errance déprimée, au creux d'une solitude tellement intense qu'elle coupe du monde et de soi-même.
Chaque pas, chaque souffle est un fardeau de plus à transporter vers une fatalité.
Ce destin, fait de pleurs et de doutes, s'abat sur le jeune Wanda, condamné par ses sentiments pour une femme aux longs cheveux bruns.
Veillant passionnément sur le corps sans vie de sa bien-aimée, le guerrier frêle au regard vide n'avance que dans un unique but.
Selon les légendes transmises au sein de son peuple, un seul endroit dans le monde permet d'accéder à la voix des dieux, écoutant le priant sereinement.
Loin de se plier aux caprices des mortels, ces divinités ne possèdent qu'un seul et unique pouvoir, celui de conduire une âme égarée dans ses chairs d'origine.
C'est à l'instant précis du contact de ses doigts avec la pierre glacée de l'autel que Wanda pénètre dans une odyssée homérique qui le conduira à détruire les 16 colosses peuplant ces terres abandonnées.
Personne ne sait quel est le rôle de ces monuments vivants, semblables aux piliers obscurs d'un gigantesque temple.
Mais la question ne se pose pas. Seule l'envie sauvage de revoir les bras immaculés de sa compagne guide le jeune héros.
C'est ce sentiment de perte de repères, de force de vie sans aucune réflexion qui rend l'inconscience de Wanda puissamment émouvante.
Néanmoins on ne se rend pas bien compte de ce que signifie le pacte nécessaire à la résurrection de la jeune fille inerte avant d'admirer béatement le premier colosse.
Seul un bruit lointain ébauche la rencontre lors des premières secondes. Puis viennent les secousses, terrifiantes, comme si la terre elle-même désirait s'extraire de son linceul.
Ensuite, ce que l'on prend pour un pan de montagne apparaît être une simple jambe, massive, stupéfiante, angoissante.
Le temps de détourner le regard vers un vol d'oiseaux sombres, les yeux se posent à nouveau vers cette colline qui se meut devant nous, irréelle et imprenable.
Pourtant, la peur s'estompe pour faire place à une excitation optimiste. Il est certain que cette immense créature, habile mélange de pierres et d'organes, est une des parties du rêve.
Chaque mort est un pas de plus vers le désir de Wanda.

GAMEPLAY

Alors que l'on pourrait aisément croire que Shadow Of The Colossus se limite à une extermination en série de monstres quasi mythologiques, il suffit d'un seul plan pour comprendre le fond véritable de l'oeuvre de Ueda.
Esseulé, légèrement courbé sur son cheval, le héros juvénile est littéralement écrasé par une plaine démesurée, rappelant les paysages tétanisants de Mongolie.
Faisant corps avec le ciel, la terre est comme un tableau sec et vieilli. Elle semble avoir attendu des milliers d'années sans connaître d'évolution, sans avoir vu germer ne serait-ce qu'une plante.
Capturée dans le temps, elle semble n'attendre que votre venue pour extirper ses démons et vous forcer à lutter contre elle. Et ce ne sont pas les rares animaux à vivre dans cette contrée, qui vous fourniront une quelconque preuve de la bonhomie de l'environnement.
Ce que cherche à vous faire ressentir ce vide, c'est une solitude douloureuse, qui vous force à ne vous focaliser que sur un seul et unique point, la vie de votre bien-aimée.
Effectivement, cela peut être étrange de ne croiser sur sa route que des déserts, des forêts et des montagnes sans autre présence que la vôtre et celle des colosses.
Toutefois, que serait devenu la notion épique, l'envie entêtante de défaire une véritable incarnation de puissance sans ces moments de calme apaisants ?
La grande force des affrontements avec les créatures minérales est justement cette exhalaison de fureur soudaine.
A l'image de l'Odyssée, Shadow Of The Colossus vous fait naviguer sur une mer d'huile, ménageant ses effets, jusqu'à exploser en vous opposant à un dieu.
Ce travail d'ambiance est d'une rare intelligence, assumant totalement le fait de ne pas aller dans le sens qui plairait le plus aux joueurs lambda, avides de rixes multiples.
C'est de ce fait en connaissance de cause que le titre de Sony tente ce pari éminemment risqué qui fonctionne au-delà des espérances, parvenant à définir de la manière la plus forte la notion d'abandon ou plus précisément de perte.
Rien ne nous raccroche à l'espoir, tout représente la mort et la destruction dans un écrin d'or fin.

En effet, et ce dans la droite lignée d'Ico, le travail artistique réalisé sur Shadow Of The Colossus est une merveille.
Rares sont les jeux à susciter des frissons par la simple vision d'un paysage, voire par la représentation d'une atmosphère.
Composé de décors particulièrement variés, le soft de Sony ne se contente pas de chercher à fournir un photoréalisme probant.
Non, dans sa volonté première de toucher aux sentiments, il modifie l'univers avec des oscillations entre des nuances de gris et de brun, sublimées par des touches vertes ressortant dès que la végétation fait son entrée.
En fait, Shadow Of The Colossus adapte à un environnement extérieur la recherche de caractère initiée avec Ico.
Chaque pas demande pratiquement un arrêt afin de contempler une feuille d'arbre, les rayons du soleil perçant entre des piliers, ou même la beauté simple d'une teinte.
Même si cela a déjà été répété maintes et maintes fois, le monde exposé ici paraît sortir d'un rêve où ses contours ne seraient pas définis.
Votre regard ne s'arrête jamais, il fuit seulement par la mer qui entoure cet univers. Shadow Of The Colossus est clairement le seul jeu dans lequel le panorama nous est rendu accessible par sa beauté fulgurante et surtout par sa proximité.
Le bonheur enfantin de se dire : "Si seulement je pouvais aller ici" et d'en avoir la possibilité immédiate est un cadeau indiscutable et saisissant.
Ce titre n'est pas une course contre-la-montre à la recherche d'un ennemi à abattre. C'est purement et simplement un espace de liberté lumineux, dans lequel le premier plaisir est d'observer et d'imaginer.
Une joie bien entendu complétée par la magnificence des colosses, incarnations majestueuses de tous ces monstres décrits dans les livres d'enfants et les romans d'aventure que l'on croyait éteints avec nos vagues souvenirs.
Animées avec une maestria sans commune mesure, ces créatures, tantôt hommes, tantôt animales, transpirent de vie.
Réagissant naturellement à vos attaques et sollicitations, elles dévoilent pourtant un regard paralysant, réussissant à percer votre confiance par un manque d'expression sincèrement dérangeant.
Souffrantes et furieuses, ces entités rocheuses sont chacune une énigme à part entière, vous demandant de longs moments de réflexion avant de découvrir un maigre point faible.

Combats littéralement démentiels, ces duels sont un peu la quintessence du sentiment épique. Porté par sa détermination inébranlable, Wanda semble réellement se battre contre une force qui le dépasse.
Luttant à chaque seconde pour se raccrocher à la moindre prise, ballotté négligemment par les mouvements de dégagement des colosses, vous goûterez le plus petit pas vers la victoire comme un événement légendaire.
Seulement pourvu d'une épée et d'un arc, votre but est d'atteindre le "symbole de vie" de chaque titan en vous servant des parties accessibles de son corps pour poursuivre votre ascension.
Toutefois, il vous sera nécessaire de découvrir en premier lieu comment mettre en défaut votre opposant, afin qu'il vous révèle à son insu la méthode pour l'abattre.
Un concept exceptionnel qui relance constamment l'intérêt et offre surtout une dimension supplémentaire à un simple affrontement.
Il faut apprendre à connaître son ennemi, par ses mouvements, ses attitudes face à un stimuli et évidemment par ses actions routinières.
A des lieux du massacre barbare, cette façon d'appréhender une telle situation permet de construire une relation de respect avec le colosse, considéré alors comme un égal ayant aussi le droit de vivre.
Un message très intéressant relayé par les évènements de clôture du soft, donnant une idée de la vraie nature de ces monstres monolithiques.
Une scène de fin qui réussit d'ailleurs le tour de force d'être l'une des plus émotionnelles qui soit, brassant toutes les attentes du joueur avant de les briser avec fracas.
Une démonstration s'adressant directement à la sensibilité avec une sobriété remarquable et ne pouvant laisser indifférent.
Merveilleux. Au final, et vous l'aurez compris, Shadow Of The Colossus est l'un de ces titres différents, courageux, profonds, condensant les passions pour en faire son sang.
Véritable expérience, il surpasse ce qu'Ico avait pu apporter et devient par la même une icône de l'intégration artistique du jeu vidéo.

Killy , le 10 février 2006

Source : jeuxvideo.com

Ma vidéo de Shadow of the Colossus

OST de Shadow of the Colossus


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